Secteur disciplinaire :

 Théorie et histoire des arts visuels

 Dates et horaires :

2nd semestre ; 8 séances de 3 heures ; bimensuel 

Contenu du programme :

     La découverte de peintures préhistoriques au seuil du XXe siècle constitue un enjeu majeur pour la réflexion sur l’art et l’image. L’apparence étonnamment moderne des vestiges déroute : elle surprend les préhistoriens qui commencèrent par y voir des faux (trop beaux pour être authentiques…) ; elle dérange les historiens de l’art forcés à repenser le rythme de la création ; elle enthousiasme les artistes comme Picasso qui aurait déclaré après sa visite de la grotte que, depuis Lascaux, on n’a rien inventé !

     Le séminaire proposera une traversée théorique du champ des arts visuels à partir de l’art préhistorique, celui-ci permettant de manière tout à fait paradigmatique de repenser des questions centrales de la théorie esthétique concernant l’origine et la signification de l’art, la fonction de la représentation, le statut de l’artiste ou encore la modernité. Il s’agit donc d’introduire, par le biais de l’art préhistorique, à la réflexion théorique sur les arts visuels. Les textes de la bibliographie, qui seront travaillés ensemble, offrent un panorama des thèses défendues par certains des représentants majeurs de la préhistoire, de l’histoire  de l’art, de la théorie de l’art et de la philosophie du XXe siècle.

     On commencera par étudier les obstacles d’ordre religieux, anthropologiques et esthétiques à la reconnaissance de l’authenticité de l’art préhistorique – actée en 1864 pour l’art mobilier, en 1902 pour l’art pariétal. À partir de l’examen des multiples interprétations de l’art préhistorique proposées les cent dernières années (théorie de l’art pour l’art, magie de la chasse, chamanisme entre autres), on s’interrogera ensuite sur l’origine, la fonction et le sens de la création artistique en général. Enfin, on verra comment l’irruption de la très longue durée (les peintures d’El Castillo, parmi les plus anciennes actuellement connues, auraient plus de 40.000 ans….) force à prolonger l’histoire de l’art de plusieurs dizaines de milliers d’années mais aussi à réviser certaines positions préconçues concernant le primitif, l’origine de la perspective, le cinéma ou encore le statut de l’image.

Lectures conseillées :

Les textes seront fournis aux élèves inscrits au séminaire.

Azéma, Marc, Préhistoire du cinéma : origines paléolithiques de la narration graphique et du cinématographe,  Paris, Errance, 2011, p. 21-23, 66-74, 121, 124, 140-141.

Bataille, Georges, Lascaux ou la naissance de l’art, Genève, Skira, 19553 extraits : Mots de l’éditeur Albert Skira et de Bataille, p. 5 et p. 7 ;  « Le miracle de Lascaux », p. 11-15 ; « La place de Lascaux dans l’histoire de l’art », p. 129-130.

Bredekamp, Horst, « Les sorties de la caverne », in : Les Cahiers du Musée National d’Art Moderne, « Préhistoire et modernité », Rémi Labrusse et Maria Stavrinaki (éd.), n° 126 - Hiver 2013/2014, Paris, Centre Pompidou, p. 14-23.

Gombrich, Ernst, The Story of Art [1950], Londres, Phaidon, 1967, p. 19- 33.

Le Tensorer, J.-M. (2012) : « Le biface, image des origines », in : Sebastian Egenhofer, Inge Hinterwaldner, Christian Spies (éd.), Was ist ein Bild ? Antworten in Bildern. Gottfried Boehm zum 70. Geburtstag, Munich, Wilhelm Fink Verlag, p. 148-151. 

Lorblanchet, Michel, Art pariétal. Grottes ornées du Quercy, Rodez, Éditions du Rouergue, 2010, p. 105-121.

Rieber, Audrey, « Arts et mythes des origines. Vingt ans d’interprétations de l’art pariétal paléolithique depuis la découverte de la grotte Chauvet », in Les Cahiers du MNAM n° 126  (op. cit.), p. 82-94.

Méthode d’enseignement : cours magistral

Évaluation : au choix : mini-mémoire ou oral ; le thème sera choisi en discussion avec l’enseignant.